Skip to main content

L’HISTOIRE

Le début d’une épopée (1906-1914)

La potasse est découverte en Alsace en 1904 par Joseph Vogt, industriel, fondeur et fabricant de tours de sondages à grande profondeur, associé à Amélie et Albert Zürcher, propriétaires terriens et Jean-Baptiste Grisez, brasseur et sourcier. Le gisement est alors considéré comme un fabuleux trésor. De nombreux sondages vont préciser son ampleur.

Financée par des capitaux allemands (les industriels mulhousiens n’ayant pas souhaité investir et les banques parisiennes proposant des conditions exorbitantes), la Gewerkschaft (société) Amélie voit le jour le 13 juin 1906. L’exploitation du gisement de potasse commence en février 1910.

À la veille de la Première Guerre mondiale, 13 puits ont déjà été foncés (Amélie 1, Amélie 2, Max, Joseph, Else, Marie, Louise, Reichsland – baptisé Fernand après la guerre – Est et Ouest, Prinz Eugen, Théodore, Rodolphe 1 et Alex). Le fonçage des puits Anna Est et Ouest ainsi que ceux d’Ensisheim 1 et 2, sont interrompus par la déclaration de guerre.

Le grand essor (1925-1930)

Après l’Armistice de 1918 et une période de mise sous séquestre, l’État français procède le 24 mai 1924 au rachat des Mines de Potasse d’Alsace (MDPA) pour 208 millions de francs. La nationalisation est effective avec la loi du 23 janvier 1937 « portant fixation du régime définitif des Mines Domaniales de Potasse d’Alsace et organisation de l’industrie de la potasse ».

Les MDPA connaissent dans les années 1920 un développement considérable des installations d’extraction et de traitement du minerai. Les puits Anna Est et Ouest, Ensisheim 1 et 2 sont terminés. Les puits Rodolphe 2, Ungersheim 1 et 2, Ensisheim 3 sont foncés.

En 1930, 11 000 ouvriers travaillent aux mines. Les cités minières et les œuvres sociales financées par les MDPA se développent dans l’ensemble du Bassin Potassique. La commune de Wittelsheim par exemple, qui comptait quelques centaines d’âmes au début du siècle, dépasse les 7 000 habitants en 1929.

Les années difficiles (1930-1945)

La crise économique mondiale touche à partir de 1930 les pays européens. Les ventes des sels de potasse souffrent et la production ralentit dès la fin de 1930 pour faire face à la crise.

Le chômage partiel commence en 1930 et les jours de chômage seront nombreux pendant plusieurs années.

Après l’armistice du 18 juin 1940, les MDPA sont mises sous tutelle allemande. L’occupation est notamment marquée par la catastrophe de la mine Rodolphe, le 23 juillet 1940, qui fait 25 morts et est la plus meurtrière de l’histoire de l’extraction de la potasse en Alsace.

Les Trente Glorieuses puis l’arrêt de la production (1945-2002)

La Deuxième Guerre mondiale est suivie de plusieurs années de reconstruction. Les MDPA se développent ensuite fortement. La mécanisation des chantiers, avec notamment l’introduction du matériel Joy (chariots de mine à batterie) arrivé dans le cadre du Plan Marshall, conduit à un accroissement important de la productivité et de la production. En 1948, les MDPA comptent 13 880 salariés inscrits, le chiffre le plus élevé de leur histoire.

De nouveaux puits sont foncés et mis en service : Berrwiller en 1962, Staffelfelden en 1972 et Schoenensteinbach en 1973, portant à 24 le nombre de puits foncés dans le Bassin Potassique.

En parallèle, un certain nombre de puits s’arrêtent, la production se concentrant sur les puits les plus importants. Alex est arrêté en 1954, Ensisheim en 1961, Joseph-Else en 1966, Fernand en 1972, Anna en 1973, Bollwiller en 1976 et Théodore en 1986. Les premiers puits sont remblayés et les chevalements sont abattus.

L’ensemble des carreaux miniers occupait une superficie de plusieurs centaines d’hectares. Au fur et à mesure des arrêts, ils sont réhabilités en zones d’activités, en zones naturelles ou urbanisés. Les MDPA, étroitement associées aux collectivités locales, participent activement à la réindustrialisation du Bassin Potassique et à la réhabilitation de l’environnement.

L’extraction s’arrête peu à peu définitivement : sont fermés Ungersheim en 1997, Marie-Louise en 1998, Berrwiller en 2001 et Amélie le 10 septembre 2002, suite à l’incendie de StocaMine.

567 millions de tonnes de minerai brut de potasse auront été extraites du sous-sol alsacien pendant un siècle d’activité.