L'histoire des Mines de Potasse d'Alsace

LES MINEURS

À la fin de la période allemande, en 1918, les Mines de Potasse d’Alsace (MDPA) comptent 3 400 inscrits. L’effectif ouvrier inscrit va passer à 6 500 en 1924 et plus de 11 000 en 1930. Le maximum est atteint avec la deuxième phase de développement après la fin de la Deuxième Guerre mondiale : 13 880 inscrits en 1948.

Les premiers mineurs et leurs origines

La découverte du gisement de potasse en 1904, le creusement de nombreux puits et la mise en exploitation rapide attirent dans le bassin des ouvriers en grand nombre. Ils sont d’origines diverses : habitants des communes alentour, des vallées de Guebwiller et de Thann, paysans pauvres du Sundgau ou de la Hardt, petits viticulteurs ruinés par la crise viticole. Pour les paysans, la mine restera souvent un deuxième métier. Le poste terminé, ils retournent aux champs pour une deuxième journée de travail.

Mais ils viennent également de Lorraine, où les mines de charbon sont exploitées depuis des décennies puis, à partir des années 1920 pour répondre au développement considérable de l’activité des MDPA, d’Italie, de Pologne et d’Afrique du Nord, constituant une population immigrée qui pour partie fait souche. En particulier, la culture polonaise est restée très présente dans le Bassin Potassique.

Les métiers de la mine

Le vocable de mineurs recouvre une multitude de métiers qui vont évoluer au fil du temps avec la mécanisation des chantiers et l’apparition de nouvelles technologies. Il y a peu de comparaison entre la mine de 1910 et la mine de l’ère de l’informatique, de l’électronique, des microprocesseurs… Des métiers disparaissent, d’autres naissent, au fur et à mesure de l’évolution des techniques.

Les métiers du jour (de la surface) couvrent toute la palette des artisans : menuisiers, ébénistes, forgerons, mécaniciens, électriciens, maçons… L’évolution des techniques fera apparaître les électroniciens, techniciens en contrôle et régulation, informaticiens.

À l’exploitation, les métiers sont également variés : klaubeurs (réalisant le tri manuel de la potasse), rondiers (expliquer), préposés aux salles de commande, conducteurs d’appareils chimiques…

Les employés sont nombreux pour couvrir toutes les activités annexes à l’exploitation : secrétariat, achats, service chemin de fer, transports, bureaux d’études, géomètres, comptabilité, bureaux de paye, infirmeries, médecine du travail.

Comme au jour, les métiers du fond (dans la mine) vont suivre les progrès technologiques. Au début de l’exploitation, les conditions sont particulièrement difficiles pour les mineurs, boiseurs (chargés d’installer les soutènements en bois des galeries), chargeurs (à la pelle), foreurs (à la main), conducteurs (de chevaux puis ensuite de locomotives). Les artisans électriciens et mécaniciens font progressivement leur apparition.

C’est surtout après la Deuxième Guerre mondiale, avec la mécanisation de plus en plus poussée, que le métier évolue de façon importante. Les mineurs deviennent des conducteurs d’engins multiples et variés : haveuses (permettant de creuser les galeries), chargeuses, camions, perforatrices, boulonneuses, tracto-chargeurs, engins de transport de personnel, machines à tracer. Les artisans sont désormais électromécaniciens, diésélistes, électroniciens ou frigoristes.

A l’interface fond-jour, les machinistes, signaleurs et lampistes tiennent des postes de sécurité essentiels pour les mineurs du fond.

La hiérarchie

Entre l’ingénieur et l’ouvrier, les niveaux hiérarchiques sont relativement nombreux, en raison de la dispersion des chantiers et de l’activité en continu.

Au fond, chefs d’équipes, porions, chefs-porions, chefs de postes, chefs de quartiers, géomètres encadrent des chantiers dispersés sur des centaines de kilomètres de galeries et fonctionnant 24 heures sur 24 en semaine.

Au jour, chefs d’équipes, contremaîtres, chefs contremaîtres, en nombre plus restreint, assurent l’encadrement des ateliers et des installations.

Un microcosme social

Les MDPA, entreprise d’État, mènent une politique sociale reconnue aujourd’hui comme exemplaire. En construisant d’abord des cités ouvrières, certainement les plus belles de France, puis en dotant chacun de ces nouveaux villages « de tout ce qui est nécessaire à une population nombreuse, c’est-à-dire : maisons pour ouvriers, employés et ingénieurs, maisons pour célibataires, églises, écoles, magasin de coopérative, salle des fêtes, maison de la santé et des œuvres sociales, terrains de sports » (Pierre De Retz, premier Directeur général des MDPA et créateur du modèle social MDPA).

Après la Deuxième Guerre mondiale, un nouveau programme de développement social conduit à la création de MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture), de CLU (Centres de Loisirs Utiles), de colonies de vacances ou encore des œuvres du Comité Central d’Entreprise.

Les MDPA ont également de tout temps fait un effort très important en matière de formation au travers d’un centre d’apprentissage, de l’École des Mines ou de centres d’enseignement ménager.

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